Série Nelligan

Je me suis plongée dans l’oeuvre de cet homme, de ce créateur mort inconnu.
Je me suis plutôt attardée à lire ses écrits, plutôt qu’à lire les biographies sur sa vie.
Pendant presque un an, je suis allée rencontrer ce créateur dans mon atelier, tous les jours.
Instinctivement, j’ai employé les rouges sombres, les noirs, je cherchais l’opacité des couleurs, je cherchais
les velours épais des manteaux de l’époque. Puis ma perception s’est affinée.
Parallèlement à son tourment, je retrouvais le mien de n’avoir pu aller plus loin dans la danse.
Tous les deux nous avons vécu un « impossible ».
Je nommais ma prison et la sienne de ne pas pouvoir s’exprimer et être compris. Une libération s’opérait dans mes toiles.
Avec le recul, j’ai remarqué que les dernières toiles étaient plus légères, moins opaques,
les couleurs plus vibrantes, plus lumineuses.
Et de grands pans de blanc avaient trouvé leur place sur les toiles.
J’ai eu l’impression d’être aller vers une double libération. La sienne et la mienne.
Pendant la soirée du vernissage, un membre de la famille de Nelligan présent ce soir-là a acheté une toile.
J’ai pensé que le passé s’incarnait dans le vivant.
C’était une drôle de coïncidence et j’y pense encore aujourd’hui.


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